La Transnistrie

En 2018, lors de notre 1er séjour en Moldavie, nous avions hésité à nous rendre en Transnistrie pour des questions de sécurité et surtout de transport. 
Mais cette année (2019), accompagnés de notre amie Moldave Aneta, parlant couramment russe et après un coup d’oeil sur le site du Ministère des Affaires Etrangères, nous étions motivés à aller voir de plus près cette République, auto-proclamée indépendante en 1991 mais non reconnue, ni par l’Europe, ni par l’ONU, ni par la Russie…tout comme le Haut- Karabakh, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. 

La Transnistrie, située sur le territoire moldave possède sa propre Constitution, son drapeau (rouge avec faucille et marteau), son hymne, sa monnaie (le rouble transnistrien), ses propres médias sans aucune pluralité de la presse…

Nous avons donc pris la direction de la Transnistrie (à 70 kms environ de Chisinău).
À une dizaine de kms de Tiraspol, la capitale, nous arrivons à un premier check- point (côté moldave) qui nous fait signe de passer, à notre grand étonnement! Puis nous traversons le fleuve Nistru (Dniestr), frontière naturelle entre la Moldavie et la Transnistrie. Là, un second chek-point avec char soviétique et quelques soldats russes nous attendent mais nous laissent passer pour avancer jusqu’à la douane. 
Un jeune soldat russe appartenant à la milice (car il n’y a pas de police en Transnistrie) demande (en russe) à Aneta nos papiers d’identité, les papiers de la voiture, vérifie l’intérieur du coffre puis l’invite à se diriger vers le bureau pour récupérer la petite feuille blanche (car ici pas de tampon diplomatique officiel ) qui nous permettra de rentrer sur le territoire, en transit pendant 8h maximum. 
Les douaniers plutôt sympathiques et souriants nous rendent les passeports quelques minutes plus tard avec notre petite feuille glissée à l’intérieur…

Dès notre arrivée dans Tiraspol, on constate que le temps semble s’être figé en 1991 et que cette République voue toujours un étonnant culte à l’ère soviétique. La faucille et le marteau, le drapeau russe sont omniprésents un peu partout jusque dans les bus! La monumentale statue de Monsieur Lénine est toujours là fièrement érigée devant le Parlement. Un char russe est exposé, en direction de la Moldavie…ce n’est pas un hasard puisque nous comprenons que la Transnistrie entretient un sentiment antinationaliste envers la Moldavie. D’ailleurs un cimetière des héros et une flamme éternelle rendent hommage aux soldats tombés face aux moldaves en 1992. 


La langue officielle parlée est le russe. Tout est écrit en russe partout. Pas la moindre indication ou information en langue roumaine. 
Par contre, pas l’ombre d’un soldat ou d’une kalachnikov dans la ville, contrairement à il y a quelques années. La Transnistrie souhaite visiblement ne pas faire parler d’elle et rester discrète…

En réalité, elle sert surtout à gêner le gouvernement moldave. Le Kremlin supporterait mal l’idée que la Moldavie se tourne vers l’Union européenne. En maintenant des forces armées en Transnistrie, Poutine empêche la Moldavie d’adhérer à l’Europe et à l’Otan.
L’ oeil de Moscou veille…

Après un petit tour dans quelques rues, au marché et sur ces larges avenues vides, nous quittons la capitale pour la ville de Bender et sa belle citadelle à quelques kilomètres. Puis nous repassons la frontière en prenant soin de rendre notre petite feuille blanche au douanier. Rien à déclarer !

до свидания la Transnistrie! On a vu mais nous ne reviendrons plus!

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